Comment rêvent les sourds, muets et aveugles ?

Les rêves se font principalement durant le sommeil dit « paradoxal », qui correspond à la phase du sommeil la plus profonde avec un tonus musculaire très faible mais qui pourtant possède une activité cérébrale très proche de l’état d’éveil. Il apparait environ 90 minutes après l’endormissement et dure de 7 à 9 minutes. Son rôle semble être de trier et de classer les informations nouvellement acquises. Il est caractérisé par des mouvements oculaires rapides même s’ils ne semblent pas toujours être en lien direct avec le contenu du rêve.

L’étude des rêves peut s’effectuer par IRM ou électroencéphalographie dans le but de rechercher les régions cérébrales activées lors des rêves. Elle peut également se baser sur l’étude des mouvements des personnes lors du rêve et sur le rapport du contenu du rêve après le sommeil.

Le rêve chez les aveugles :

Le nombre de mouvements oculaires rapides chez les aveugles est le même que chez les voyants ce qui montre que les MOR ne sont pas liés directement à la visualisation. Il faut distinguer les aveugles de naissance (jusqu’à 5 ans) des personnes atteintes de cécité plus tard, à partir de 5 ans. En effet les personnes devenues aveugle tôt ne semblent pas rêver en image tandis que celles devenues aveugles plus tard rêvent en image toutes leur vie, bien que les images s’estompent petit à petit. Pour les deux la région occipitale (le cortex visuel primaire) continue d’être actif pendant le sommeil mais peut être réaffecté à d’autres sens, principalement l’audition ou le toucher grâce à la plasticité cérébrale.De plus ces sens sont amplifiés.

Le rêve chez les sourds :

Une étude montre que les sourds ayants appris le langage des signes bougent plus leurs mains durant le sommeil que les entendants. Cela montre que les sourds peuvent penser et rêver en langage des signes. Cependant la surdité ne fonctionne pas de la même manière que la cécité visuelle, une partie des  personnes sourdes, même de naissance, entendent leur « petite voix » interne, et ce d’autant plus si elles ont appris à lire sur les lèvres. Les sourds entendent cette petite voix (la boucle phonologique) même s’ils ont appris le langage des signes, celle-ci est donc lié au langage plus qu’à la langue utilisé.

Le rêve chez les sourds-muets :

Une étude portant sur 4 paraplégiques et 10 sourds-muets a montré qu’il n’y avait pas de différence notables dans le contenu des rêves des différents participants. De la même manières que les paraplégiques peuvent rêver de nager ou de marcher, les sourds-muets peuvent rêver d’entendre et de comprendre les langages parlés. Il est donc impossible d’identifier un sourd-muet d’une autre personne par le contenu de leurs rêves.

Le cas Helen Keller :

Helen devient sourde et aveugle à 19 mois à la suite d’une congestion cérébrale. Anne Sullivan, son éducatrice, réussit à lui apprendre la langue des signes et le braille à l’âge de 6 ans. Très rapidement Helen appris à compter et écrire et devint la première personne handicapée à être diplômée.

Dans son autobiographie « the story of my life » Helen explique qu’elle rêvait de sensations et principalement de peur. Dans un de ses rêves elle se trouve dans une chambre noire et tombe lourdement, sans émettre le moindre son, sur le sol et le fait trembler ce qui la réveille.

Conclusion : le contenu émotionnel et les thèmes des rêves semblent être les mêmes chez tous les êtres humains. L’âge semble avoir un effet sur les rêves en couleurs, beaucoup plus nombreux chez les jeunes (lié à la télévision ?). La perte d’un ou plusieurs sens peut provoquer une perte de la perception de ce sens dans les rêves notamment si le handicap apparait tôt dans le développement de l’enfant en lien avec la plasticité cérébrale. Dans ce cas les autres sensations seront amplifiés. Le rôle des rêves de traiter les informations en mémoire semble être plus en lien avec le langage utilisé (voix, langue des signes voir sensations) qu’avec les sens disponibles.

sources:

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Discours sur l’origine

Faisant directement référence au discours sur l’origine de l’univers d’Étienne Klein ce texte propose d’expliquer en quoi le mot origine pose problème.

L’origine est définie comme étant le commencement, le début d’un phénomène. Ce début est obligatoirement causé par un autre phénomène, d’après le principe de causalité. Ainsi chaque phénomène nouveau provient  d’un autre qui le précède temporellement.

« Tout effet a une cause et la cause précède l’effet dans tout référentiel galiléen, et même le précède d’un délai au moins égal à la durée nécessaire pour aller du lieu de la cause au lieu de l’effet à la vitesse indépassable » Principe de causalité d’après Wikipédia

Si l’on cherche donc l’origine d’un phénomène il ne faut pas aller chercher le moment de sa création mais ce qui le précède, et ce qui précède ce qui l’a engendré et remonter les causes, et donc le temps, jusqu’à une cause qui ne pourrait pas être elle-même causée. En somme l’origine ne pourrait être que la cause première, celle dont découle tous les phénomènes passés, présents et à venir. L’origine de notre univers serait donc l’origine de tout ce qui est, a été et sera dans notre univers.

Pour comprendre le mot origine il faudrait donc remonter le cours du temps jusqu’au point de création initial, remonter les liens de causes à effets jusqu’à la première cause. Mais cela est physiquement impossible, la physique actuelle ne peut pas expliquer ce qui ce passe entre cet « instant 0 » et le mur de Planck apparut 10-43s après. En effet avant ce mur l’univers possède une densité et une énergie infinie, et est renommé la singularité initiale. Les lois qui régissent notre univers comme la gravité n’existent plus, ou du moins n’existent plus sous la même forme. En effet les 4 interactions qui existent n’en forment plus qu’une très exactement à partir de ce moment, ce qui est inobservable, et pour l’instant informulable mathématiquement. L’univers avant le mur de Planck n’est littéralement plus l’univers d’après. Je me risquerais à penser que dans ce cas il est possible que le principe de causalité n’existe plus non plus et donc l’origine de cet univers n’aurait plus de sens.

« Le mur de Planck est moins un mur proprement physique qu’un mur pour notre physique » Étienne Klein

Avec l’impossibilité de passer le mur avec notre physique, celle qui inclut le principe de causalité dans ses axiomes (second axiome de la relativité restreinte d’Einstein, 1905), l’origine de l’univers n’a plus de sens, comment prouver qu’il existe une cause première dans un univers qu’il ne possède pas la même relation causale que le nôtre. Il semble donc que le mur de Planck ne soit pas un passage dans le temps coincé entre un « Big Bang » initial et notre monde mais bien un mur de lois physiques qui nous empêche de saisir le réel qui se déroule en amont. Le temps d’avant le mur n’est pas physiquement le même que celui d’après le mur (on peut parler de temps imaginaire perpendiculaire au passé/futur). Le mur de Planck est le point de séparation entre l’univers observable et l’univers des mathématiques pures.

La physique moderne montre que le Big Bang est en réalité un contresens, un contresens historique qui provient d’une méconnaissance d’une partie des physiciens d’alors qui postulaient une origine. Le Big Bang actuel n’est plus compris comme un commencement mais comme une période de l’univers qui date de 13.8 milliard d’années et qui dure plus de 380 000 ans. L’origine compris comme un point 0 sans point -1 est également un contresens car postulé par des théories théologiques bien éloignées des théories actuelles de la physique. La question de l’origine semble devoir laisser place à la question du besoin de l’existence d’une origine.

Sources :

Étienne Klein : discours sur l’origine de l’univers

http://fr.wikipedia.org/wiki/Causalit%C3%A9_%28physique%29

http://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_imaginaire

Einstein, « Zur Elektrodynamik bewegter Koerper », Annalen der Physik 17, 891–921 (1905)

Introduction

« L’écriture est le seul moyen que l’homme ait jamais trouvé pour se débarrasser de ses pensées les plus obsédantes. » Étienne Klein, en cherchant Majorana.

Mes pensées arrivent à l’imprévu. Parfois elles me quittent, parfois elles m’obsèdent, toujours elles me touchent. J’ai besoin de les fixer pour qu’elles se décident enfin à se stabiliser, afin de contrer leur éternel retour.

Dès lors je cherche à les transformer en quelque chose de noble, de convaincant et tombe dans un paradoxe, ma première dissonance cognitive, comment construire un système de pensée individuel stable qui se doit de concilier la certitude des croyances indispensables à la vie en société avec la remise en cause constante des acquis qui permet de suivre le Zeitgeist.
Si cette actualisation n’est pas difficile pour l’instant il est certain que dès la diminution de l’intelligence fluide enclenchée, mes connaissances intrapersonnelles et celles acquises de mon environnement prendront le dessus. Qu’en sera-t-il alors de ma capacité d’analyse ? Cela me fascine et m’effraie. C’est là ma seconde dissonance cognitive.

Peut-être qu’écrire un livre permet de se débarrasser de paradoxes internes comme ceux-là. Ne doit-on pas suivre ses préceptes, ceux dont on a nous-même accouché ? Considérons alors ce blog comme un travail préparatoire.

En réalité ce blog a un double emploi. L’idée m’est venue après la lecture d’un article (voir source) de l’APA sur les effets bénéfiques des blogs sur la santé mentale (où du moins son ataraxie) notamment ceux liés au stress ou à la timidité.

« Parce qu’écrire ça fait du bien, ça soigne un peu mes blessures »Disiz, c’est ma tournée.

Alors ce blog parlera de moi principalement, de mes découvertes de mes envies, de mes idées. Il parlera de science, de philosophie, de rap et de jeux vidéo (liste non exhaustive) et en somme de tout ce qui me porte à réfléchir.

À savoir s’il résistera à l’usure du temps.

« Les pensées, elles aussi, on ne peut pas les rendre tout à fait par des paroles. » Nietzsche, Le gai savoir, livre troisième, 244.

Source : http://www.apa.org/monitor/2014/06/blogging.aspx